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EPI : normes et homologations

jeudi 31 mai 2012, par Emmanuel G., Ouarese

En matière d’EPI (Equipements de Protection Individuelle) deux roues, c’est la directive européenne 89-686 du Conseil du 21 décembre 1989 qui « fixe les conditions de leur mise sur le marché, de leur libre circulation et les exigences essentielles auxquelles les EPI doivent répondre afin de préserver la santé et la sécurité des utilisateurs.

Les États membres sont tenus de prendre des mesures pour que les EPI mis sur le marché préservent la santé et assurent la sécurité des utilisateurs, sans compromettre ni la santé ni la sécurité des autres personnes, des animaux domestiques ou des biens. »

Définition et champ d’application

Les EPI sont des dispositifs ou des moyens :
- destinés à être portés ou tenus par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ainsi que sa sécurité ;
- destinés aussi bien à l’usage professionnel que privé (sports, loisirs, usage domestique).

Sont exclus du champ d’application de la directive :
- les EPI couverts par toute autre directive visant les mêmes objectifs de mise sur le marché, de libre circulation et de sécurité que la présente directive ;
- les EPI conçus et fabriqués pour les forces armées ou du maintien de l’ordre ;
- les EPI d’autodéfense contre des agresseurs ;
- les EPI destinés à la protection ou au sauvetage des personnes embarquées à bord des navires ou aéronefs et qui ne sont pas portés en permanence ;
- les casques ou visières destinés aux usagers de véhicules à moteur à deux ou trois roues.

Exigences essentielles

Conformément aux principes de la « nouvelle approche » en matière d’harmonisation technique et de normalisation, la conception et la fabrication des équipements sont soumises à des exigences essentielles de santé et de sécurité.
Les exigences essentielles auxquels les EPI doivent répondre lors de leur fabrication et avant leur mise sur le marché sont :
- les exigences générales applicables à tous les EPI ;
- les exigences supplémentaires spécifiques à certains types d’EPI ;
- les exigences spécifiques additionnelles pour les risques particuliers.

Normes harmonisées

Des normes européennes harmonisées sont élaborées sur la base des exigences essentielles par les organismes européens de normalisation. Il s’agit du Comité européen de normalisation (CEN) (EN) et du Comité européen de normalisation électrotechnique (Cenelec) (EN).
Tout EPI fabriqué conformément aux normes harmonisées est présumé conforme aux exigences essentielles couvertes par les normes concernées.

Évaluation de la conformité et organismes notifiés

L’évaluation de la conformité des EPI avec les exigences essentielles et les autres dispositions de la présente directive est à la charge :
- soit des organismes notifiés par les États membres conformément à des critères minimaux d’évaluation ;
- soit des fabricants eux-mêmes.

Déclaration de conformité et marquage « CE »

Les États membres ne peuvent interdire, restreindre ou entraver la mise sur le marché ou la mise en service des EPI qui sont munis du marquage CE pour lesquels :
- le fabricant est en mesure de présenter une déclaration de conformité CE ;
- pour les EPI qui protègent contre des risques minimes, la conformité est attestée par le fabricant lui-même au moyen de la déclaration de conformité CE ;
- tous les autres EPI doivent être soumis à un examen CE de type par un organisme notifié ;
- certains EPI protégeant contre des risques très graves sont en outre soumis à une procédure visant à assurer la conformité au type de la production.

Le marquage CE de conformité est apposé par le fabricant ou son mandataire établi dans l’Union européenne.

Protocole de tests

Il y a ainsi des EPI, vous pouvez lire également PPE pour Personnal Protective Equipements, dont le fabricant atteste lui-même la conformité et d’autres EPI pour lesquels un organisme notifié atteste de la conformité. Les EPI deux roues font partie de cette deuxième catégorie et les certifications répondent à des tests « normalisés ».

Abrasion
Ce test vise à simuler l’abrasion du matériau lors du frottement sur le bitume. Un échantillon du matériau à tester est fixé à un capteur, puis mise en contact avec une bande de papier abrasif défilante. Lorsque le matériau à tester est complétement abrasé, le capteur se déclenche. Pour simuler au plus près les conditions d’un accident, la mise en contact de l’échantillon se fait en « chute » : il est lâché sur la bande abrasive depuis une hauteur définie, et pas juste posé.

Déchirement
Comme son nom l’indique, le test du déchirement mesure la résistance du matériau. Un échantillon est maintenu par deux pinces qui s’éloignent progressivement l’une de de l’autre, jusqu’au déchirement. La force nécessaire est enregistrée.

Éclatement
Ici, la pression est exercée à l’intérieur du matériau. Un échantillon du matériau à tester est fixé sur une poche gonflable. Cette dernière est progressivement remplie d’eau, jusqu’à éclatement du matériau. La pression d’eau nécessaire à obtenir l’éclatement est enregistrée.

Impact
La pièce à tester est posée sur un capteur et un poids est lâché dessus d’une hauteur prédéfinie. L’énergie résiduelle est mesurée par le capteur.
La forme du poids utilisé peut varier afin de coller au plus près à la réalité (par exemple pour prendre l’apparence d’une bordure de trottoir).

Perforation
Une lame est lâchée d’une hauteur prédéfinie sur le matériau à tester, et un capteur situé en dessous enregistre la profondeur de la perforation.

Tous ces protocoles sont censés représenter les conditions extrêmes qui peuvent survenir à un deux roues motorisé et mettre son intégrité physique ou sa vie en danger. Ces tests sont pourtant réalisés successivement. Or, en cas de chute, l’abrasion se combine souvent au déchirement. En tout état de cause, il est nécessaire de s’équiper.

Aux principes généraux, l’UE a édité des normes spécifiques aux différentes zones du corps à protéger.

Norme EN 13594

Cette norme est spécifique aux gants  de protection pour motocyclistes. Avant la révision de cette norme en 2010, à « motocyclistes » était associés le terme de « professionnels ». La norme EN 13594 comporte deux niveaux.
Au niveau 1, les gants doivent résister à une abrasion de 1,5 secondes et à une pression d’éclatement de 40 N. Leurs coques de protection, lorsqu’ils en sont munis, ne doivent pas laisser passer une force résiduelle de plus de 4 kN lors d’un impact de 5 J. Les gants sont également soumis à des tests de déchirement et de perforation et l’innocuité des matériaux qui les composent est aussi vérifiée, ainsi que leur ergonomie. Ils doivent descendre d’au moins 1,5 cm cm sous la base du pouce et leur capacité à ne pas pouvoir être arrachés de la main en cas de glisse est également vérifiée.

Au niveau 2, la résistance à l’abrasion doit être d’au moins 5 secondes et le gant doit descendre à 5 cm de la base du pouce.
 

Certains gants de protection disponibles dans le commerce comportent la mention norme CE 89-686. Ces équipements, non testés par des laboratoires indépendants, ne sont pas homologués. Ils possèdent le même code que des gants de jardinage…

Norme EN 1621-1

Cette norme vise les protections des épaules, des coudes, des hanches et genoux. Afin d’être homologués au niveau 1, ces coques doivent subir 12 impacts de 50 Joules qui ne doivent pas laisser en moyenne plus de 35 kN de force résiduelle, avec un pic autorisé sur un des impacts jusqu’à 50 kN. Pour mesurer ces impacts, les test sont effectués en lâchant un poids de 5 kg depuis une hauteur de 1 mètre.
L’adoption du niveau 2 de cette norme oblige les équipements à obtenir une énergie résiduelle moyenne de 20 kN, avec des pics à 35 kN.

Norme EN 1621-2

Les protections dorsales sont visées par cette norme. Les protections dorsales doivent subir cinq impacts de 50 J dont 2 sur des points délibérément choisis pour leur faiblesse apparente (jointures…). Là aussi, les tests se feront en environnement contrôlé, puis modifié selon les températures, l’humidité.



Leurs performances sont subdivisées en deux niveaux :
- niveau 1, la force résiduelle moyenne doit être inférieure à 18 kN, avec un impact autorisé jusqu’à 24 kN.
- niveau 2, la force résiduelle moyenne doit être inférieure à 9 kN, avec un impact autorisé jusqu’à 12 kN.


Par ailleurs, une partie des experts considère qu’en raison du type d’impacteur utilisé et des spécificités de la colonne vertébrale, 4 kN serait la limite à adopter pour simuler le seuil de fracture dans ces conditions de test. Étant donné le niveau d’exigences de cette norme, peu de dorsales sont homologuées EN 1621-2.

Norme EN 1621-3

Les protections thoraciques sont concernées par cette norme. Elle introduit la mesure de la distribution de l’impact, la diffusion.

La charge résiduelle reste à 20 kN de moyenne au maximum et un pic permis à 35 kN, pour un impact à 50 J. La distribution de la force est exprimée en pourcentage selon deux niveaux. Au niveau 1, elle devra être d’au moins 15 % ; et d’au moins 30 % au niveau 2. Plus le pourcentage est important, plus la surface de dispersion est grande.

Certains fabricants apposent toutefois les normes EN1621-1 ou les anciennes de 2009 marquées prEN 1621-3 :2009 lvl. 1.

Norme EN 13595

Cette norme s’applique pour les blousons, pantalons et combinaisons. Les normes varient selon la zone du vêtement, de 1,5 à 7 secondes de résistance à l’abrasion et de 400 à 800 kPa de résistance à l’éclatement. En fonction du niveau de performance qu’ils atteignent, les vêtements sont également séparés en homologation de :

- niveau 1, destiné plutôt aux faibles vitesses de l’ordre de 50km/h,
- niveau 2, pour des vitesses plus élevées.

Les zones 1, épaules, coudes, hanches, genoux, doivent toutes recevoir une coque homologuée suivant la norme 1621-1.

 

Norme EN 13634

Cette norme concerne les bottes. La dernière mise à jour de cette norme a été faite en 2010. Elle est très précise puisque la botte doit avoir une hauteur minimale allant de 162 mm pour les pointures inférieures au 36 à 192 mm pour celles supérieures au 45. Le texte parle bien de botte. Les autres chaussures ou bottes, baskets de moto et autres bottes diverses sont donc à présent exclues de la norme.

Les bottes doivent mentionner clairement la mention de l’homologation CE ainsi que le numéro de la norme, par exemple CE, accompagnée de la norme EN 13634/02.
En fonction de la protection, la norme EN 13634 a été divisée en deux zones. La zone B, la plus exposée, requiert 5 secondes d’abrasion pour prétendre au niveau 1, et 12 secondes pour le niveau 2.
La zone A moins exposée doit résister respectivement à 1,5 et 2,5 secondes de résistance.

Évidemment, la résistance à la perforation est également testée.

Norme EN 1621-4

C’est la norme pour les airbags qui sont les derniers arrivés dans la panoplie des EPI. La norme est donc sujette à complément. Pour l’heure, l’énergie minimale d’activation , dans le cas d’un airbag à déclenchement mécanique, l’aire de couverture minimale et le type d’airbag sont définis.

De même, le temps d’activation devra être de moins de 200 ms, soit déjà 2,5 mètres parcourus à 50 km/h. Il faut espérer que le temps de déclenchement soit raccourci. Certains airbags se déclenchent en 80ms et même en 10ms, pour Bering.


La force résiduelle ne devra pas laisser passer plus de 4,5 kN de force résiduelle moyenne avec un pic à 6 kN au niveau 1 et seulement 2,5 kN de moyenne avec un pic à 3 kN au niveau 2.

Tous ces tests et normes mis en place démontre l’importance d’un équipement. L’idéal étant d’avoir une protection pour chaque partie du corps aux normes en vigueur actuellement, chacun peut "moduler" son EPI en fonction de son budget. Car il ne faut pas oublier que l’équipement complet d’un conducteur de deux roues est de l’ordre de 500 à 700€. Une dépense qui pour le moment incombe au seul conducteur quand elle profite à la collectivité avec des conséquences moindres en cas d’accident avec un équipement adéquat.

A lire également EPI : je m’équipe.

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