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IFSTTAR – Fondation MAIF : étude TSICA

mardi 28 février 2017 , par Wam

L’Institut Français des Sciences et Technologies, des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) et la Fondation MAIF (FRUP-Fondation reconnue d’utilité publique) ont mené conjointement une étude dans le cadre du TSICA (Téléphone et Systèmes d’information en Conduite Automobile).

Cette étude vise à répertorier, comprendre et quantifier les usages du téléphone et des systèmes d’information au volant. Elle pointe la nécessité, pour réduire les manipulations du téléphone au volant d’encourager le recours aux Kits mains-libres et les dispositifs à commandes vocales qui perturbent moins l’activité de conduite. Les auteurs rappellent toutefois qu’utiliser son téléphone au volant détourne l’attention et doit être évité autant que possible.

Cette étude a été réalisée en ligne auprès de plus de 2800 conducteurs.

4 conducteurs sur 10 utilisent leur smartphone au volant.
Parmi eux, et tout en conduisant :
• 70 % lisent ou écrivent des SMS
• 20 % prennent photos ou selfies
• 17 % échangent sur les réseaux sociaux
• Près de 60 % se sont déjà faits peur

Téléphone et sécurité

Lorsqu’ils manipulent leur téléphone en conduisant, les conducteurs se mettent en danger. L’étude a mis en évidence que 22% des conducteurs (59% des utilisateurs) se sont déjà faits peur en utilisant leur téléphone au volant et 12% (32% des utilisateurs) ont déjà fait un écart sur la voie en le faisant. C’est notamment le cas en lisant ou écrivant des SMS, en paramétrant le GPS ou en voulant ramasser le téléphone tombé au sol. Plus de la moitié (53%) des utilisateurs de SMS se sont déjà faits peur en lisant ou écrivant un message ; 73% des personnes qui lisent des SMS au volant le font avec le téléphone tenu à la main.

Téléphone en mains-libres

22% des conducteurs et plus de la moitié des utilisateurs (58%) ont recours, au moins de temps en temps, à des commandes vocales ; seulement 60% des conducteurs qui utilisent un Kit mains-libres (KML) le font de façon quasi systématique.
Les commandes vocales des smartphones sont malgré tout assez méconnues et peu utilisées pour les SMS. Seuls 21% des conducteurs qui envoient des SMS utilisent préférentiellement la commande vocale lorsqu’ils sont au volant.

Le téléphone, un vecteur de communication

• LES APPELS : Au volant, les conversations restent l’usage le plus répandu du téléphone ; 36% des conducteurs passent des appels téléphoniques. Le fait d’avoir des conversations au volant n’est pas corrélé avec les autres usages du téléphone au volant tels que les SMS et les EMAILS.
• LES SMS et EMAILS : 27% des conducteurs lisent ou écrivent des SMS au volant (70% des utilisateurs) tandis que 9% des conducteurs lisent ou écrivent des emails (23% des utilisateurs). Tous les conducteurs perçoivent qu’ils prennent un risque en écrivant des SMS, quels que soient leurs profils (âge, sexe, kilomètres parcourus, fréquence d’usage), ce qui n’est pas le cas pour les conversations téléphoniques, le risque perçu diminuant avec la fréquence de la pratique.
• PHOTOS : 8% des conducteurs (20% des utilisateurs) ont déjà pris une photo ou un selfie ; 16% des conducteurs de moins de 35 ans ont déjà fait une photo ou un selfie en conduisant.
• LES RESEAUX : 6,5% des conducteurs (17% des utilisateurs) ont déjà consulté des notifications sur les réseaux sociaux ; 16% des conducteurs de moins de 35 ans vont sur les réseaux sociaux en conduisant ; la pratique diminue avec l’âge, mais concerne encore 7% des conducteurs de 35-44 ans.
Les usages observés témoignent davantage d’un effet générationnel que d’un effet de l’âge : les nouvelles pratiques qui apparaissent régulièrement sont propres aux jeunes, mais une fois initiées elles perdurent chez ceux qui les ont découvertes alors qu’ils étaient plus jeunes.

Un outil d’acquisition d’information et d’aide à la conduite

• INTERNET : 8,5% des conducteurs vont sur internet (22% des utilisateurs).
• GPS : 21% des conducteurs utilisent une application GPS de leur téléphone. Pour 11% des conducteurs c’est même la fonction de leur téléphone qu’ils utilisent le plus, avant les conversations. Les applications GPS sont plébiscitées parce qu’elles sont gratuites, jugées plus fiables et ont des mises à jours automatiques.
• MUSIQUE : 16% des conducteurs écoutent de la musique sur leur téléphone (41% des utilisateurs).

Commentant cette annonce, Marie-Pierre Bruyas, Chef de projet IFSTTAR, déclare : « Les smartphones font pénétrer dans le véhicule de nouveaux canaux de communication et de nouvelles sources d’informations qui combinent texte, image et sons et de statiques deviennent dynamiques. Ils sont dorénavant supports de fonctions - GPS, Radio - portées auparavant par des accessoires supplétifs. L’usage d’applications et la navigation sur internet induisent un mode de fonctionnement susceptible de multiplier les sollicitations - pop-ups visuels à l’écran et notifications sonores - et absorbent l’attention et le regard pendant un temps souvent bien plus long que celui qui était initialement envisagé. »

Marc Rigolot, Directeur de la Fondation MAIF, commente pour sa part : « au volant l’extraordinaire outil qu’est le smartphone ne doit pas être utilisé de la même façon que dans la vie courante. Il doit être couplé aux fonctionnalités émergentes des véhicules : interfaçage avec le système d’infotainment ; fonctions de reconnaissance vocale pour écouter un message écrit ou en dicter un ; usage d’un kit mains libres avec haut parleur pour téléphoner. »

* L’étude TSICA a été réalisée on line du 29 mars 2016 au 25 avril 2016 : sont appelés « conducteurs » les 2 843 conducteurs issus de l’échantillon représentatif de la population française de 3 189 personnes interrogées. Les variables de quota ayant servi à définir la représentativité de l’échantillon de départ sont l’âge, le sexe, la taille d’unité urbaine, la CSP.
Sont appelés « conducteurs utilisateurs » ou « utilisateurs » les 1 081 conducteurs qui utilisent le téléphone au volant issus de cet échantillon de conducteurs.
Sont considérés comme « fréquents » les usages « au moins une fois par semaine » ou « tous les jours ou presque ».


A propos de l’IFSTTAR.
Acteur majeur de la recherche européenne sur la ville et les territoires, les transports et le génie civil, L’Ifsttar, l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux, est né le 1er janvier 2011 de la fusion de l’INRETS et du LCPC.
L’Ifsttar est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle conjointe du Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

A propos de la Fondation MAIF
La Fondation MAIF est une FRUP (Fondation Reconnue d’Utilité Publique). Organisme à but non lucratif, elle a pour mission d’étudier les comportements humains et le monde qui nous entoure afin de prévenir au mieux les risques qui affectent les personnes et les biens au quotidien. Elle est engagée sur quatre thématiques majeures : les risques liés à la mobilité, les risques de la vie quotidienne, les risques numériques et les risques naturels. Convaincue qu’il vaut mieux prévenir que guérir, la Fondation MAIF développe des outils de prévention et de formation et mène des actions concrètes de sensibilisation en direction du grand public et des institutions. L’efficacité de ces outils repose sur l’analyse scientifique des risques et leur mécanisme de survenance. L’origine humaine, technique ou naturelle des accidents est ainsi mieux appréhendée et les moyens de les prévenir ou d’en diminuer les risques mieux identifiés.

Tsica synthese etude

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