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Scooter : freiner fort sans tomber

mardi 17 décembre 2013 , par JoyB.

Si la conduite d’un scooter est relativement facile, la phase de freinage en constitue certainement la partie la plus délicate. Il s’agit en effet de freiner sans chuter.

Les études sur le freinage ont mis en évidence plusieurs notions caractérisant cette phase particulière de la conduite.

Distance d’arrêt

La distance d’arrêt correspond à la distance parcourue par un véhicule entre le moment où le conducteur perçoit un danger et souhaite s’arrêter et l’immobilisation du véhicule.

La distance d’arrêt comprend :
- le temps de réaction
- la distance de freinage.

Temps et distance de réaction

Il s’agit ici de mesurer le temps de réaction d’un conducteur face à un danger imprévu. Ce temps détermine la distance parcourue lors la réaction du conducteur. Entre le moment où le danger entre dans le champ visuel, remonte au cerveau qui commande l’action de freiner, il se passe en général 1 seconde. Ce temps de réaction peut monter jusqu’à 2 secondes si le conducteur est fatigué ou simplement enrhumé.

Ramené en m/s, à la vitesse de 50km/h, vous parcourez 13.9m à chaque seconde ! C’est à peu de choses près la longueur d’un bus. Les sportifs de haut niveau en compétition font descendre ce temps de réaction à 0.3 secondes dans des situations et des environnements moins complexes que la circulation sur route ouverte. Ils sont de plus concentrés sur leur conduite.

En tant que conducteur de scooter, nous avons mille motifs de ne pas l’être autant que ces sportifs.

Distance de freinage

Ce n’est pas parce que vous serrez vos leviers de freins que vous vous arrêtez dans la seconde. Au contraire, vous parcourez plusieurs mètres entre le moment où vous commencez la manœuvre et celui où votre scooter s’immobilise : c’est ce qu’on appelle la distance de freinage.

Indépendante de l’état de santé du conducteur, de sa concentration, la distance de freinage découle de nombreux paramètres. Elle varie selon :
- la vitesse
- l’efficacité du freinage
- l’inclinaison et l’état de la route
- l’état de vos pneus et de vos freins.

Plus vous roulez vite, plus la distance de freinage est longue. Ainsi, comparativement à une vitesse donnée, la distance de freinage est multipliée par quatre quand vous conduisez deux fois plus rapidement, et par neuf quand vous triplez votre vitesse !

Distance de sécurité

La notion de distance de sécurité est introduite dans le code de la route français par le décret du 23 novembre 20011 et son article R. 412-122 du code de la route relatif aux distances de sécurité. L’article dispose que :

  • « lorsque deux véhicules se suivent, le conducteur du second véhicule doit maintenir une distance de sécurité suffisante pour pouvoir éviter une collision en cas de ralentissement brusque ou d’arrêt subit du véhicule qui le précède. Cette distance est d’autant plus grande que la vitesse est élevée. Elle correspond à la distance parcourue par le véhicule pendant un délai d’au moins deux secondes. »
  • « Hors agglomération, lorsque des véhicules ou des ensembles de véhicules, dont le poids total en charge dépasse les 3,5 tonnes ou dont la longueur excède 7 mètres, se suivent à la même vitesse, la distance de sécurité est d’au moins 50 mètres. »

La notion de distance de sécurité est complexe. Elle varie en fonction de la vitesse et est exactement égale à 5/9 de la vitesse en km/h. En pratique, vous pouvez prendre également le chiffre des dizaines de la vitesse et le multiplier par 6, encore plus simplement on peut prendre un peu plus de la moitié de la vitesse.

Toutes ces méthodes donnent des résultats similaires (5/9, 6/10 et 1/2 sont des nombres assez proches)
Par exemple, à 90 km/h la distance de sécurité est de 5/9 * 90 = 5 * 10 = 50 m
Le calcul avec multiplication par 6 donnerait ici 54 m, ce qui revient également à prendre un peu plus de la moitié. Par rapport à un point fixe, la distance de sécurité correspond à un intervalle de temps de deux secondes entre chaque véhicule.

Cette règle part d’un postulat implicite qui est que tous les véhicules freinent de la même façon.

Freins

Les systèmes de freinage ont considérablement évolués depuis une dizaine d’années maintenant. Aux freins à tambours ont succédés les freins à disques. Ceux-ci se sont vus dotés du freinage couplé avant/arrière et l’Abs est maintenant de plus en plus répandu, jusqu’aux 125cc.

Les freins à disques sont ce qui se fait de mieux en matière de freinage mais tous les deux roues ne sont pas égaux face au freinage. Un scooter 125cc est souvent équipé d’un simple disque de 240mm à étrier simple piston à l’avant et à l’arrière, quand les sportives sont équipées de disques de 290-300mm à étriers à double ou triple pistons.

Pour le freinage couplé, le système gère automatiquement la répartition entre l’arrière et l’avant, généralement à 60-70% sur l’avant et 40-30% sur l’arrière. Mais même avec le freinage couplé, il arrive de bloquer la route avant. Peu importe le blocage de la roue arrière, tant que la roue avant n’est pas bloquée, vous conserverez la maîtrise de votre véhicule. En revanche, si la roue avant se bloque, c’est la chute assurée.

Le frein arrière est là pour « asseoir » le scooter et le frein avant…pour freiner.

C’est la raison pour laquelle l’Abs a été introduit. Avec un scooter équipé de l’antiblocage, vous freinerez quoiqu’il arrive, quelque soit l’état de route, mais attention, vous ne freinerez jamais plus court que sans !

Evitement

Avec un gabarit réduit par rapport à une voiture, en cas d’obstacle imprévu sur votre route, vous pouvez éviter cet obstacle. L’évitement est une solution quand vous avez du champ devant vous, ne serait-ce que quelques mètres.

Cette manœuvre de contournement vous permettra de conserver la maîtrise de votre véhicule, à condition toutefois que l’état de la route s’y prête.

Sur route mouillée, gravillonnée, sableuse, l’évitement est à pratiquer avec circonspection.

Etat de la route

Comme toutes les routes ne sont pas qu’un beau ruban de goudron, c’est au conducteur d’analyser le revêtement sur lequel il pose ses roues.

Plus la route est dégradée, moins le contact avec les roues sera optimum et plus la distance de freinage sera longue. On parle de route dégradée pour une route mouillée, avec des ornières, des nids de poules…Mais cela peut aussi être une route sur laquelle votre visibilité est diminuée. Brouillard ou virage aveugle, soleil éblouissant sont autant de circonstances où il faut réduire la vitesse.

Être stable

Votre attitude joue aussi énormément pour éviter de tomber. Gardez les bras tendus et fixez un point au loin au lieu de regarder par terre. Vous gagnerez ainsi en stabilité.

Avec un scooter à freinage classique, tachez également de ne pas freiner en plein virage et remettez le scooter dans l’axe le plus rapidement possible pour pouvoir freiner plus fort.

Être bien couvert en cas de perte de contrôle

Si l’entraînement est votre meilleur allié pour éviter de tomber lors d’un freinage, une chute peut néanmoins vite arriver. Pour être pris en charge par votre assureur si vous perdez le contrôle de votre scooter, il faut impérativement souscrire la garantie Dommages Tous Accidents. Seule cette couverture rembourse les dégâts causés à votre deux-roues lorsque vous êtes l’unique responsable de votre accident. Elle est particulièrement recommandée pour les jeunes conducteurs.

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