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Débridage scooter : danger !

jeudi 30 mai 2013, par ElodieP

Modifier son scooter pour gagner en puissance et en vitesse est tentant mais totalement illégal ! Le gain de quelques km/h et de quelques centimètres cubes peut s’avérer dramatique en termes de sécurité, et d’assurance.

Pourquoi le bridage ?

Pour être homologué, un scooter ou une moto doit correspondre à une typologie de véhicules définie par le législateur. Cette définition est d’ailleurs maintenant européenne et s’impose aux états membres.

Ainsi, pour la catégorie cyclomoteur, scooter ou moto, la puissance ne doit pas être supérieure à 50cc, d’où leur appellation courante de 49.9cc, et la vitesse maximum ne doit pas excéder 45 km/h.

Pour les 125cc, la puissance maximum délivrée par le moteur doit être de 11 kW, 15Cv, avec un rapport puissance/poids maximum de 0,1 kW/kg. Pour les tricycles, la puissance maximum est de15 kW.

En plus de ces critères légaux, le bridage répond à une mesure de sécurité. Les véhicules ont un équipement adapté aux performances possibles. Les freins sont dimensionnés en fonction des vitesses permises.

Bridage - débridage

Pour répondre aux obligations légales des différents types de véhicules, les constructeurs avaient essentiellement travaillé sur l’échappement. En ralentissant l’évacuation des gaz brulés en sortie moteur, celui-ci se trouve naturellement « bridé » en performances. Pour permettre cette moindre évacuation, une pièce, la bride, venait restreindre le diamètre de sortie moteur vers le pot. Un moteur de 80cc, voire même de 125cc, avec cette bride pouvait entrer dans la catégorie cyclomoteur.

« Pouvait » car toutes ces opérations de bridage et donc de débridage étaient très facilement réalisables sur les moteurs deux temps. Avec l’arrivée massive des moteurs quatre temps, plus performants et meilleurs pour l’environnement, le bridage ne se fait plus de la même façon. Il n’y a plus de pièce qui vient empêcher le moteur de respirer. C’est toute l’architecture du moteur qui est revue. Diamètre du piston, course, embrayage... plusieurs paramètres mécaniques influent sur la puissance délivrée. Enfin, à l’heure de l’électronique et de l’injection, les constructeurs complètent leurs outils de bridage grâce à une cartographie variant selon les types de véhicules.

Toute cette panoplie mécanique et électronique constitue autant d’éléments qui sont maintenant onéreux à changer. Sans compter l’outillage qu’il est nécessaire de posséder pour procéder au changement des pièces. Mais cela n’empêche pas les plus déterminés à modifier leur véhicule.

Le bridage empêchant le moteur de respirer à plein poumons, le débridage s’accompagne souvent d’une modification du pot d’échappement du scooter.

Dangers du débridage

Les scooters 50cc et 125cc ainsi débridés peuvent alors atteindre une vitesse supérieure à 80 ou 120km/h ; un danger bien réel pour ces engins, dont les systèmes de sécurité, freins, suspensions, dimension des pneus, etc… ne sont pas adaptés pour subir les contraintes de régimes plus élevés que ceux auxquels ils étaient destinés au départ.

Les différentes pièces s’usent également plus rapidement, et sont même susceptibles de casser, mettant constamment en danger non seulement le conducteur et son passager mais également les autres usagers.

De plus, un conducteur de 14 ans, âge minimum pour conduire un scooter de 50cc, n’a pas la maturité, ni la formation nécessaire pour gérer une telle vitesse - cette dernière étant déjà l’une des principales cause de mortalité des jeunes sur la route.

Niveau sonore excessif

En modifiant l’échappement, le propriétaire augmente également le bruit émis par le scooter. Cette pollution sonore n’est pas sans danger sur la santé, puisqu’elle peut entraîner stress, dépression, perte d’audition et insomnie chez les personnes y étant fréquemment confrontées. Un cyclo ou un 125cc en échappement « libéré » peut réveiller tous les quartiers qu’il traverse la nuit.

Une vaste campagne de sensibilisation menée par la police s’est déroulée dans la capitale, les 14, 15 et 16 mai derniers. Le but : rappeler aux usagers le niveau sonore maximum autorisé pour les voitures et deux-roues – à savoir 71 dbA pour un scooter 50cc.

Sanctionné par la loi

Le débridage est un délit puni par la loi. Toute personne conduisant un scooter trafiqué s’expose à une amende de 135€, assortie d’une immobilisation, voire d’une confiscation du véhicule.

Vendre un scooter débridé est également passible d’une amende de 7.500€ et de six mois de prison.

Pour les professionnels s’adonnant à cette pratique, la loi est sans merci : 30.000€ d’amende, deux ans d’emprisonnement et une interdiction d’exercer pendant cinq ans. Peu importe que le concessionnaire monte ou modifie lui-même le scooter. La simple commercialisation de pièces permettant le débridage suffit à le condamner.

On ne plaisante pas avec le débridage.

Annulation de l’assurance

Dès lors qu’un deux-roues est modifié, il ne correspond plus à ce qu’il était lors de la déclaration de conformité aux mines et donc à la souscription de l’assurance scooter. En cas d’accident, de dommages matériels et/ou corporels, l’assureur est donc en droit de refuser toute indemnisation selon l’article L113-9 du Code des assurances, peu importe la formule choisie et les garanties comprises dans le contrat.

Le propriétaire du scooter se retrouvera donc dans l’obligation de payer de sa propre poche les dégâts matériels, dont le montant peut rapidement s’envoler. Et en cas de dommages corporels, les indemnisations qu’il sera contraint de verser aux victimes peuvent s’avérer exorbitantes.

Le débridage n’est pas à prendre à la légère.

Comment reconnaître un scooter débridé ?

S’il a fait l’objet de modification au niveau du pot, le mieux est de garder ses oreilles grandes ouvertes. Un pot bruyant est un indice.

Si le pot n’a pas été modifié, lors de votre essai, vérifiez la vitesse atteinte. Si avec un 49.9cc, vous dépassez les 45 km/h, ou si avec un 125cc, vous flirtez avec les 130-140km/h -c’est la vitesse maxi atteinte par les 250cc-, vous avez à faire à un scooter débridé.

En cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à un garagiste, voire à votre futur assureur. Chez Euro-Assurance, des conseillers sont à votre disposition si vous avez la moindre question.

Messages

  • Bonjour,
    A lire votre article, il n y a donc aucune possibilité pour améliorer les performances d’un 125cm3 tout en restant homologé et dans le respect de la loi ??
    Merci de votre réponse

  • Pour répondre à ta question, si ton scooter n’a pas encore atteint les 15Cv, et le rapport poids-puissance recommandé, et si tu as un quatre temps, tu vas pouvoir "l’améliorer" pour atteindre ces limites. Outre un travail sur la mécanique, piston principalement, il faudra certainement revoir la cartographie si tu as l’injection sur ton scooter et non un carburateur. Cela représente du travail. Et si tu veux officialiser ton travail, il faudra que tu passes par les mines pour l’homologation et rouler tranquille en termes d’assurances.

    Si tu veux aller au-delà des limites légales, le travail est le même mais attention en cas d’accident. Si l’assureur a des doutes sur ton véhicule, il peut demander une expertise et suspendre le contrat et les garanties. Dans ce cas, tu y seras de ta poche pour la réparation des dommages.

  • Bonjour je souhaiterais ajouter deux trois choses qu’on y voie un peu plus clair. Les scooters italiens par exemple (50cc 2t) donc Gilera Piaggio Derbi etc... sont construits en Italie et il se trouve que dans ce pays les scooters ne sont pas bridés. Alors est-ce que ça ne serait pas mieux de dire que quand le ou les scooters ARRIVENT en France qu’ils sont bridés. Ce ne sont donc pas les constructeurs qui veulent les brider mais ils y sont plutôt OBLIGÉS pour coller à la loi. Alors vous croyez toujours que les équipementsdu scooter ne sont pas faits pour telle ou telle vitesse ? Ce sont plutôt les gens qui ne savent pas conduire et que le BSR devrait être un peu moins facile à passer 2h de prétendu code puisque ils s’en foutent de savoir si vous avez bien eu au moins 35sur 40 et après on doit suivre un gars en moto qui nous regarde même pas. Quand au plateau on nous demande si on sait si un guidon sa se pousse ou sa se tirer WTF. De plus les tests des freins et moteurs sont faits en usine quand le scooter est débridé et ensuite seulement les scooters sont bridés en fonction de la destination du scooter. Si a 14 ans on ne sait pas conduire un scooter débridé c’est qu’il y a un problème au niveau du BSR encore une fois.

    Cordialement

  • Bonjour Alex,

    Il y a plusieurs points à préciser dans ton message. Le bridage n’est plus simplement le fait d’un constructeur ou non. Ce dernier, le constructeur, doit a’accorder avec les réglementations des pays dans lesquels ils souhaitent commercialiser ses scooters. Pour Piaggio, la réglementation n’est pas seulement italienne, comme en France pour Peugeot, elle n’est pas seulement française. Elle est pour les deux constructeurs européennes. C’est l’Europe qui régit maintenant la classification des scooters en motocycles, 125cc ou plus.

    Pour ce qui est du BSR, ce n’est qu’un permis de conduire. Comme tous les autres permis deux roues. Nous ne savons pas ce que tu appelles « savoir conduire » un scooter mais c’est toute la nuance qu’il y a entre avoir le permis et savoir conduire. Cette nuance est d’autant plus forte en matière de deux roues. Il y a une part heuristique qu’aucune formation ne pourra dispenser. D’où l’importance de l’apprentissage sur les 50cc qui malheureusement avec les prochaines normes anti-pollution sont amenés à disparaitre, du moins en 2T.

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