Relooké en 2007, le Suzuki Burgman est aujourd’hui le numéro deux des ventes en France. Relookage et améliorations, prix bas, la formule est plutôt réussie.
Ce qui frappe quand on saisit le guidon du Burgman 125cc, c’est sa petite taille. Il est pourtant campé sur une roue de 13 pouces à l’avant et une roue de 12 à l’arrière. Il est aussi très léger. Avec ses 148 kg à sec, il ne fait pourtant que 5 kg de moins que le X Max. C’est certainement son centre de gravité placé plus bas que le X Max qui donne cette impression. On est surpris aussi par la largeur de la partie arrière de la selle et les poignées passager semblent bien petites.
Autant le museau du Burgman est effilé et fin, autant l’arrière semble démesurément large. Les feux en « V » de l’avant, que terminent les clignotants lui donnent un air de squale, surtout de ¾ avant.
Il ressemble ainsi au 400cc. Le relookage est incontestablement réussi. A l’arrière, la ligne de feux souligne les proportions hors normes du Burgman et on pourrait même le confondre avec son grand frère 650cc.
Le poste de pilotage est sans fioriture, presque ascétique mais il se montre très pratique. Le pilote-conducteur a sous ses yeux les niveaux de liquide de freins, les rétroviseurs montés sur le guidon et les commandes usuelles. A gauche, appel de phare-gâchette, un bouton jaune ! Passage phare-code, clignotants, et klaxon. A droite, coupe-circuit, un espace vide qu’on devine pour un warning, et le démarreur.
Le tableau de bord est lui aussi sans fioriture mais l’essentiel est là : tachymètre, indicateur de température, de niveau d’essence, flèches séparées pour les clignotants, voyants d’injection et de pleins phares. Egalement présent un petit voyant orange de rappel d’entretien.
Une petite fenêtre analogique indique l’heure, un trip partiel. Dommage, pas de compte-tours, économie, économie...
Il faut tourner le volet anti-effraction pour pouvoir introduire la clé. Contact. Les aiguilles vont et viennent dans les compteurs, appui bref sur le démarreur et le moteur se réveille. Bruit feutré, doux. L’impression de douceur générale se retrouve ici aussi. Pas de vibrations intempestives en laissant chauffer le moteur sur sa béquille centrale. Le moteur tourne rond et l’injection de ce nouveau millésime y est certainement pour quelque chose. A noter que la béquille centrale n’a pas de retour automatique, ce qui est rassurant.
Une main sur le guidon, un autre dans l’encoche de la poignée passager et le Burgman descend de se béquille. La poignée passager est un poil trop courte. Une grosse main gantée aura du mal à y prendre place.
Sur ses roues, le Burgman est à peine plus haut, plus bas que sur béquille. Accélération, le moteur s’élance. Notre machine d’essai avait une course d’accélérateur exagérément longue et le moteur ne s’élançait que passé la moitié de sa course.
Mais une fois les chevaux lâchés, le Burgman s’élance sans faiblir jusqu’à sa Vmax de 115 km/h compteur. C’est sans conteste une réussite des ingénieurs Suzuki que d’avoir ainsi fait un moteur aussi linéaire sur toute sa place d’utilisation. Il ne vous arrachera pas les bras du guidon mais il arrivera à vous extraire de la circulation sans encombre. Il faut dire que le moteur ne développe que 12.5 Cv à 9000 tr/mn alors que le couple maxi est obtenu 1000 tours plus bas que l’ancien Burgman. Un gage de fiabilité donc.
Et avec une fréquence de révision tous les 4000km, le moteur semble bâti pour durer.
Même avec la poignée tournée à fond, le moteur ne vous hurle pas à l’oreille et les vibrations sont bien contenues. Le Burgman n’est pas fait pour rechercher la performance sportive mais pour vous emmener au long cours dans le calme et le confort !
La position de conduite est particulière. Les genoux remontent assez haut, le guidon près du corps font que le conducteur se retrouve dans une position recroquevillée. Un peu surprenant au début mais on s’y fait. Les « grands » de plus de 1.80 auront du mal à trouver leurs marques, leurs genoux ne viendront certainement buter sur le guidon lors des manœuvres. Les « petits » seront à la joie, d’autant que le tablier est largement échancré au niveau du passage des pieds.
La longueur hors tout de 2055mm, soit près de 200 mm de moins que le X Max a tout concentré dans un espace de pilotage plus réduit. Mais réduit ne veut pas dire confiné ni étriqué.
Le pare-brise qui nous semblait étroit dévie finalement bien l’air au-dessus du casque et protège le pilote. Idem pour le tablier qui mériterait d’être un peu plus large mais rien de gênant.
Notre machine d’essai avait une poignée gauche assez dure. Alors que la poignée droite était plus douce. Il est vrai qu’elle ne totalisait que 1 400 km. Le freinage couplé vient pincer le disque arrière et un des pistons du disque avant. Il est très progressif et ne se montre pas piégeur. Le freinage est particulièrement progressif et les sensations sont bien retransmises au conducteur.
Le frein avant viendra donc en renfort du freinage couplé mais ne se suffira pas à lui-même. Une habitude à prendre.
Pour des raisons économiques et contrairement aux autres scooters du pays du soleil levant, le Burgman 125cc ne dispose pas de frein de parking.
C’est la bonne surprise de cette version. Nous nous attendions à des suspensions au confort bout de bois et il faut bien reconnaître que ce n’est pas le cas du tout. Au contraire même. Le Burgman fait preuve d’une très bonne homogénéité entre l’avant et l’arrière. Il n’y a qu’à deux que les suspensions arrières talonnent mais un réglage plus dur du tarage résout cette impression. La fourche avant absorbe les irrégularités de la route sans broncher. Et une bonne partie de voie pavée lors de notre essai n’a pas réussi à compromettre l’équilibre général du scooter.
A ceci s‘ajoute une selle large et moelleuse et vous avez un scooter avec lequel les kilomètres s’enchaîneront dans un confort pullman... mais à vitesse raisonnable.
Le passager est assis sur la même selle mais il, elle devra faire avec une selle assez large.
Un petit rangement à droite du tableau de bord, pour y mettre un téléphone, un ticket de péage, mais qui ne ferme pas à clé.
Un autre dans le tablier juste sous l’emplacement de la clé de contact. Il est assez grand pour ranger un portefeuille et des cartes. Il dispose d’une prise allume-cigare et ferme à clé.
Et un coffre sous selle capable d’avaler deux casques intégraux ainsi que d’autres petits objets sur la partie avant. C’est sans conteste la plus large soute pour un 125cc ! Il faudra placer les casques dans la largeur. C’est ce qui explique que le Burgman soit aussi large de selle et de l’arrière. C’est ce qui explique aussi que les Burgman 125cc sont rarement équipés d’un top-case.
Vendu au tarif de 3300 euros, le Burgman 125cc est au tarif de certains scooters GT. Il ne lui manque que peu de choses pour venir rouler sur les plates bandes des meilleurs scooters GT du moment : une vitesse de pointe, un tableau de bord plus exubérant.
Mais une puissance supérieure signifie une consommation supérieure et un tableau de bord plus richement doté signifie plus d’électronique et autant de sources de pannes. Et le Suzuki Burgman ne fait pas dans l’esbrouffe, il est ancré dans le concret.
Finalement, le Suzuki Burgman 125cc a atteint l’âge de raison. Il ne vous promet pas monts et merveilles mais à son guidon, vous pourrez les franchir en classe confort.
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