Sécurité routière : Olythe teste le protoxyde d’azote
mardi 3 février 2026 , par
Le nouveau bilan de la sécurité routière établi par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), montre des chiffres alarmants. Avec 3.260 personnes mortes sur la route en 2025, et une augmentation de 2,1 % par rapport à 2024, la France est loin d’être une bonne élève en termes de sécurité routière.
Une des premières raisons de cette dégradation : le protoxyde d’azote. En effet, s’il n’existe pas de chiffre clair, les experts ainsi que les politiques pointent du doigt ce gaz hilarant qui fait de plus en plus de victimes. « Il y a urgence à agir », s’est exprimé Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, qui veut légiférer rapidement sur cette substance. Des lois qui devront s’appuyer sur des mesures concrètes de dépistage comme le propose Olythe avec sa solution de détection de protoxyde d’azote dans l’air expiré.
Protoxyde d’azote : une législation qui devrait avancer plus vite que les moyens de contrôle
Face à l’explosion des usages détournés du protoxyde d’azote, longtemps banalisé sous le nom de “gaz hilarant”, l’exécutif entend durcir le cadre légal. Le ministre de l’Intérieur a récemment annoncé son souhait d’intégrer de nouvelles dispositions dans un projet de loi sur la sécurité du quotidien, afin de réprimer l’usage et le transport de cette substance, appelée à devenir un délit. Le texte doit être discuté dans les prochaines semaines.
Mais sur le terrain, les forces de l’ordre restent aujourd’hui démunies. Si des restrictions encadrent la vente depuis plusieurs années et si la loi du 9 juillet 2025 prévoit de sanctionner certaines substances psychoactives en cas d’accident, le protoxyde d’azote pourrait encore rester en dehors du champ des contrôles routiers. En cause : l’absence d’un moyen de dépistage officiellement reconnu. Sans outil opérationnel, l’application de la loi risque de se heurter à la réalité du terrain, rendant toute réforme largement inefficace.

Effets avérés sur la conduite, mais encore invisibles lors des contrôles
Pourtant, les effets du protoxyde d’azote sur les capacités de conduite sont désormais bien documentés. Une étude menée par l’association 40 millions d’automobilistes montre notamment que la consommation de protoxyde multiplie par trois le temps de réaction des conducteurs. Vertiges, désorientation, perte de réflexes : autant de facteurs qui augmentent considérablement le risque d’accident, sans laisser de trace détectable lors d’un contrôle classique.
Comme le souligne Guillaume Nesa, fondateur d’Olythe, “ Le protoxyde d’azote est rapidement éliminé par l’organisme, ce qui rend les analyses sanguines peu pertinentes dans le temps. Résultat : un conducteur peut avoir consommé quelques minutes auparavant sans pouvoir être inquiété. ”
OCIN₂O : détecter en une minute ce que la loi ne peut encore sanctionner
C’est pour répondre à cette faille que la société française Olythe a développé OCIN₂O, un dispositif de détection du protoxyde d’azote dans l’air expiré, comparable dans son usage à un éthylotest. Grâce à une technologie infrarouge non dispersive (NDIR), le capteur cible directement la molécule de N₂O en une minute et jusqu’à 5 heures, y compris à de très faibles concentrations.
L’analyse de l’air expiré présente un double avantage : elle est non invasive et immédiatement exploitable lors d’un contrôle routier. « C’est un échantillon simple à prélever, facile à utiliser pour les forces de l’ordre, et surtout adapté à une substance qui disparaît vite de l’organisme. », explique Guillaume Nesa. Compact et portatif, OCIN₂O a été pensé pour une utilisation opérationnelle sur le terrain.
La technologie a déjà été testée par des forces de l’ordre en Belgique et au Danemark, avec des retours jugés positifs. Une preuve supplémentaire que des solutions existent pour rendre enfin visible un danger aujourd’hui largement sous-estimé.
Rendre la loi applicable
Pour Guillaume Nesa, l’enjeu dépasse l’innovation technologique : il est désormais législatif. Tant que le protoxyde d’azote ne figurera pas clairement dans la liste des substances assimilées à des drogues au volant, et tant qu’aucun outil de dépistage ne sera reconnu, la prévention restera incomplète.
« Sans moyen de contrôle, on laisse prospérer une zone grise extrêmement dangereuse. », alerte-t-il.
Ainsi, alors que la mortalité routière repart à la hausse, la question n’est plus seulement de légiférer, mais de rendre la loi applicable. Sans dépistage fiable, le protoxyde d’azote continuera d’échapper aux contrôles et de faire des victimes presque invisibles.
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